Aqui.fr : s’enrichir ou mourir

logo aquiSept ans après sa création, Aqui.fr s’apprête à vivre une année charnière. Le pure player aquitain doit lever des fonds pour financer un plan de développement. Entièrement gratuit jusqu’ici, le journal en ligne est à la peine économiquement. Pour sortir la tête de l’eau, ses créateurs font un pari audacieux mais coûteux. Ils veulent enrichir les contenus du site tout en lançant une application payante et « gourmande » : Aqui + pour s’enrichir ou mourir. 

Le site d'Aqui.fr

Aqui.fr soufflera cette année sa 7e bougie. Un âge honorable qui fait du journal aquitain en ligne le plus vieux pure player de France. Mais, le fait d’être né avant d’illustres confrères comme Médiapart ou Rue89 ne met pas à l’abri du crash. Né en 2007 à Bordeaux, Aqui.fr est dans une situation financière tendue. Les rentrées d’argent liées à la publicité et aux offres de formations (écriture web, community management…) proposées par la société Aquipresse ne sont pas suffisantes pour faire face à toutes ses dépenses. « Nous sommes en permanence sur le fil comme d’ailleurs l’ensemble de la presse aujourd’hui qu’elle soit imprimée ou en ligne. Nous peinons à trouver un modèle économique rentable et il nous faut pourtant rémunérer une équipe d’une petite dizaine de journalistes« , avoue Joël Aubert, directeur de publication d’Aqui.fr.

Plutôt que de continuer à vivoter sur le même modèle, cette année, les dirigeants d’Aqui ont fait un pari, celui de proposer de nouveaux contenus à leurs lecteurs ainsi qu’un « petit plus » payant. On sait combien le virage est dangereux. Beaucoup de pure player ont cassé leur pipe en voulant monétiser leurs contenus. Ainsi, le site d’information bourguignon Dijonscope mort en 2013, quelques semaines seulement après avoir demandé à ses lecteurs de payer. Le pari d’Aqui est toutefois un peu différent. Demain, les informations présentes sur le site aquitain resteront accessibles gratuitement. Et d’autres formats d’articles plus aboutis, des enquêtes et du rich média, seront même pour la première fois disponibles en accès libre sur Aqui.fr.

Aqui +, le petit plus qui sauvera Aqui.fr ?

C’est sur un terrain voisin qu’Aquipresse ambitionne de monnayer ses contenus : « Nous allons lancer une application, nommée Aqui +. C’est elle qui sera payante« .  Joël Aubert refuse de trop en dire sur le contenu de ce nouveau support monétisé. Il confie seulement : « Il s’agira d’une application gourmande et très éditorialisée. Ceux qui l’achèteront y découvriront nos choix et nos conseils pour leur permettre de jouir de l’Aquitaine dans tout ce qu’elle a de meilleur à offrir« .

Le directeur de publication d’Aqui, ancien rédacteur en chef de Sud Ouest converti au web journalisme, croit très fort au potentiel d’un tel support. Depuis cinq mois, il prend régulièrement son bâton de pèlerin pour démarcher investisseurs publics ou privés et tenter de les convaincre de « mettre des billes » dans le projet. Car le développement d’une application n’est pas donnée. Joël Aubert et son équipe doivent parvenir à récolter plus d’une centaine de milliers d’euros pour qu’Aqui + voit le jour. D’ici la fin du printemps, le pari sera perdu ou gagné et Aqui.fr continuera ou non de tisser son fil sur la toile.

L’histoire d’une rencontre entre un éditorialiste et un webmaster

L’histoire de ce média en ligne n’est pas banale. Non content d’être le plus vieux pure player de l’hexagone, Aqui.fr est aussi le seul pure player régional de France. Tous ses homologues traitent soit des news à l’échelle nationale (Slate.fr, Mediapart…) soit à l’échelle d’une ville (MyGlobalBordeaux…). Pourquoi avoir choisi l’Aquitaine pour terrain d’informations ? Sans doute en partie en raison du passé journalistique de son éditeur, qui est resté durant de très nombreuses années le responsable de la rédaction du quotidien régional Sud Ouest. Mais aussi, tout simplement, pour des raisons sentimentales. Joël Aubert ne s’en cache pas. Son Aquitaine natale, il l’aime passionnément.  

Aqui.fr, c’est l’histoire de Joël Aubert mais c’est aussi l’histoire d’une rencontre. Sans elle, le site n’aurait jamais vu le jour. En 2007, alors qu’il s’apprête à cesser, à regret, de publier le mensuel papier nommé Aqui qu’il venait de créer, Joël Aubert fait la connaissance de Jean-Baptiste Rey, un informaticien passionné par le web. Les deux hommes, qui viennent pourtant d’un monde professionnel très différent, parlent le même langage. Tous deux, à leur façon, sont des aventuriers. Jean-Baptiste Rey, le codeur, parvient sans trop de difficulté à convaincre le vieux briscard de la presse papier qu’Aqui peut et doit continuer de vivre sur la toile. Aqui.fr est né. 

Depuis le petit poucet aquitain de l’info en ligne se bat pour continuer d’exister. Ses pères fondateurs ont accepté depuis longtemps de ne pas se payer : « C’est ça ou on coule ». Question de passion, Jean-Baptiste Rey et Joël Aubert sont OK pour prolonger le régime tant que leur bébé vivra. Il n’en va pas de même pour les journalistes qui contribuent à Aqui et c’est bien normal. Mais, ces derniers mois, les salaires sont de plus en plus difficiles à verser. Alors, combien de temps encore vivra l’exception aquitaine ? Réponse à la fin du printemps, avec la réussite ou l’échec du plan de développement.

Armelle Hervieu

Pour aller plus loin :

Découvrez en cliquant ici tous les visages de l’équipe d’AQUI !

Mais qui est Joël Aubert…

Jean-Baptiste Rey, webmestre et développeur, raconte son histoire avec Aqui

Les dates de vie et de mort des premiers pure player français hormis Aqui.fr lancé début 2007

Les locaux d’Aqui sont situés au 30 avenue de la République à Cenon :

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