Un petit bout de Vietnam à deux pas de Bordeaux

Il n’y a pas un jour où je n’ai pas posé les yeux sur cette boutique, où mon regard n’a pas été attiré par cette lumière jaunie par les années. Tout chez elle semble venir du passé : son éclairage, sa vieille guirlande de noël en guise de décoration, l’affichage des produits sur la porte d’entrée (qui présente les mêmes « nouveaux arrivages » depuis mon arrivée sur Gradignan…). Ngoc LanLa caverne d’Ali Baba

La boutique fourmille de centaines de produits plus exotiques les uns que les autres. Je ne peux pas faire un pas sans être assailli par une nouvelle odeur ou une nouvelle couleur. J’imagine les innombrables plats que l’on peut cuisiner avec ces centaines d’épices, les nombreux desserts que l’on peut créer avec tous ces fruits tous plus étranges les uns que les autres. D’ailleurs sont-ils vraiment bons ces fruits ? Est-ce qu’ils se mangent vraiment en dessert ? Le problème avec les mets exotiques, c’est qu’ils perturbent toutes nos connaissances sur la cuisine occidentale. Certaines bananes sont infâmes crues et ne sont mangées qu’en plat cuisiné par exemple.
Cela ne les empêche pas de sembler plus goûteuses que celle de l’hypermarché du coin, plus « authentiques ». Tous les produits sont passés au crible par mes sens, même les conserves et les bocaux de sauce qui ne révèlent leurs secrets qu’une fois en bouche (à moins de comprendre le chinois ou le vietnamien, l’étiquette restera indéchiffrable).
Il est aussi possible de s’habiller chez Ngoc Lan, le fond du magasin étant réservé à la vente de vêtements traditionnels asiatiques.
Aussi surprenant que cela puisse paraître tous les produits frais ne viennent pas directement d’Asie mais certains sont importés de Hollande, bien moi chers selon les propriétaires. Les autres sont fait sur place.

epicerie

Une institution sur Gradignan

La boutique porte le nom de la patronne, un petit bout de femme aux mille vies. D’abord professeur dans un lycée au Vietnam, elle décide de quitter son pays pour la Belgique dans les années 80 avant d’arriver en France en 1986. « Quand on arrive dans un pays étranger et qu’on vient d’Asie, on n’a pas beaucoup de choix » me dit-elle. Ouvrir une épicerie n’est qu’une suite logique pour tout émigré d’Asie cherchant à gagner sa vie sur le Vieux Continent. – « On est bien plus petit que notre concurrent » me glisse à l’oreille le mari de Ngoc Lan au détour d’un rayon. C’est vrai que la boutique gradignanaise fait office de lézard comparé au dragon Eurasie,  leader régional dans le commerce de produits exotiques. Cela ne l’empêche pas d’avoir su s’imposer et de ne jamais se désemplir. Le peu de temps passé dans la boutique m’a suffi pour découvrir les différents types de client que Ngoc Lan servait chaque jour. Du curieux qui n’a pas pu s’empêcher de passer le pas de la porte pour en prendre plein les yeux, à la vieilles habituée qui connait les propriétaires depuis le début en passant par la quinqua qui souhaite « surprendre » les convives du soir avec des mets originaux. Qu’importe le client, la propriétaire prendra le temps de lui prodiguer un petit conseil pour chaque produit qu’il a entre les mains. C’est sans doute de là que vient sa pérennité : une proximité qui n’existe plus que dans les petites boutiques de quartier.

Ngoc Lan
32 Cours du Général de Gaulle
33170 Gradignan
05.56.75.29.58

Sébastien Lucas

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s