Dans les pas d’Alice

«   Je viens de découvrir un endroit fabuleux! En plein centre de Bordeaux !  Tout près de la place Pey-Berland, c’est une association ouverte à tous, où tu peux te faire couper les cheveux, apprendre à faire du miel, écouter des contes et bien d’autres choses encore, pour cinq centimes ! ».

Le centre social et culturel réseau Paul Bert, tel est le nom de l’endroit supposé incroyable.

Ce message dithyrambique sur mon répondeur téléphonique résonnait encore dans ma mémoire quand mon « rédacteur en chef », professeur en journalisme, me donna comme consigne d’écrire quelque chose, reportage, interview ou fiction, ayant pour cadre une entreprise ou association bordelaise. La décision étant prise, je m’appliquai à suivre ses conseils pour le premier reportage de ma vie.

Premièrement, emmagasiner des informations, s’informer des hommes et du lieu avant de se rendre à l’endroit du reportage. Quelques moments studieux sur le net à lire des articles et visionner des interviews m’apprirent la raison d’être de ce centre social, celui d’accueillir et d’aider des personnes en situation de précarité. Mais pas seulement : le réseau Paul Bert a vocation d’être un endroit ouvert à tous, pour le partage des idées et de la culture, et se voit comme une belle application de ce fameux « vivre ensemble », expression souvent entendue mais dont je n’avais pas encore eu d’exemple.

Deuxième étape de mon devoir de journaliste en herbe, trouver un angle à mon article. En découvrant alors le rapport d’activité du réseau, contenant témoignages des activités des bénévoles et salariés, je suis tombée sur cette lettre :

Le style suranné et officiel de ce français quelques fois maltraité, le sujet étonnant de cette missive, – un travail scabreux porté aux nues par l’auteur – la beauté de l’écriture manuscrite et l’amour qui se dégageait de cette lettre m’ont scotchée : j’avais trouvé mon angle ! Ce brave retraité, que j’imaginais bedonnant, chauve, à lunettes, pointilleux et portant gapette, allait devenir le sujet de mon interview.

Une entrée dans le réseau…

 

2 Rue Paul Bert, 33000 Bordeaux
2 Rue Paul Bert, 33000 Bordeaux crédit photo Olivier Mourgues

Une fois les portes franchies, je tombe sur un décor étonnant. La salle qui accueille le visiteur n’est pas girondine mais New-yorkaise. La coiffeuse du réseau a bien raison : elle écrit dans le rapport d’activité qu’elle a l’impression de se rendre dans cette ville américaine lorsqu’elle coiffe des étrangers de tous pays dans les sous-sols de l’immeuble du réseau, une fois par semaine (et ce, sans miroirs!).

une entrée très urbaine et branchée
Une entrée très urbaine et branchée stylisée par l’artiste Claude Lévêque crédit photo Olivier Mourgues

Le bar est fréquenté. Je cherche du regard celui qui pourrait être l’un des deux directeurs, monsieur Emmanuel Jourdes. Je sens le regard insistant d’un grand monsieur sec, africain, sans âge. Je me présente. Il connait la raison de ma venue et me demande de le suivre. Nous prenons l’escalier en colimaçon. L’africain pousse une porte. Derrière la porte se trouve une quantité impressionnante de gens, assis, serrés, tous autour d’une grande table. Les regards se braquent sur moi, l’ambiance est très conviviale et chaleureuse : «entre, on te laisse une place ! » quand manifestement il n’y en a aucune. Je bredouille « je recherche euh… un monsieur, le directeur… qui s’appelle Emmanuel Jourdes ». Un trublion de la bande émerge de la masse et s’annonce comme étant ledit Emmanuel. Je ne sais pas s’il s’agit d’une réunion de travail, d’une bande de potes qui se réunit pour la pause-café mais Emmanuel Jourdes se lève d’un bond pour arrêter quelques instants la réunion animée et m’inviter chaleureusement à interviewer Valentin, le retraité, sujet de mon reportage.

« – Ah d’accord, super, où est-il ?
– Mais vous venez d’arriver avec lui ! »

Valentin, le retraité « chauve bedonnant à lunettes habillé de marron gris impeccable et coiffé d’une casquette » est le grand africain tout sec. Je réagis comme un anglais : avec flegme je cache ma surprise et Emmanuel Jourdes m’emmène dans un réduit où m’attend, royal, Valentin Alla, seigneur de la pompe d’évacuation du réseau Paul Bert.

INTERVIEW

Responsable douches, hamman, sous-sol
Valentin Alla, agent d’entretien – crédit photo Olivier Mourgues

– Euh hem re- bonjour Monsieur Alla, désolée, je…euh, n’avais pas compris qui vous étiez. Pouvons-nous donc commencer cette interview ?

– Oui, je vous écoute.

– Et bien en tout premier lieu, pourriez-vous vous présenter ?

– Je suis Valentin Alla, originaire de Côte d’ivoire et je vis depuis 1971 en France. Je suis devenu agent d’entretien au Centre social culturel réseau Paul Bert en 2012 pour deux années. Deux années de galère car les machines étaient défectueuses : j’ai déployé tous mes efforts. J’ai reçu des félicitations et des primes en 2013. Je m’occupais de l’entretien des bureaux, des douches, je donnais des serviettes propres au gens qui viennent se doucher, allumais le hammam et les machines : je surveillais les machines tous les jours.

C’était un travail de…surveillance alors principalement ?

– Vous savez les gens qui viennent font en général n’importe quoi pour les douches… Je dois tout vérifier après leur départ.

– Pourquoi continuez-vous à travailler alors que vous êtes en retraite ?

– Je vis seul dans une très grande maison et une fois retraité, j’ai connu l’ennui. Alors maintenant je fais du bénévolat, comme ça je parle avec des gens, ici.

Vous avez écrit une lettre touchante sur un travail…délicat que vous faites, celui de la gestion de la cuve des eaux usées ? Pourriez-vous me parler de ce travail ?

– Ah Le bébé ! C’est notre pompe, une grande pompe, qui nous a fait faire des frais… C’est en fait un tout-à-l’égout. Toutes les saletés du hammam, les excréments : tout arrive dans cette pompe. A l’époque cette pompe était remplie, on ne pouvait plus respirer !! J’aspirais le tout avec un aspirateur et je vidais la cuve dehors de bonne heure le matin. Puis, on a acheté des tuyaux pour l’évacuation. Il m’arrivait de descendre dans la cuve, pour l’astiquer. Je descendais dans la cuve, je mettais du Cresyl, un produit qui dégage une odeur magnifique. Alors j’ai reçu pour ce travail des félicitations : le président m’aime car il m’a félicité. Il m’a donné une bonne prime, j’en étais fier. J’ai décidé que personne d’autre que moi ne doit s’occuper de ÇA. C’est pour ça que je l’ai surnommé « mon bébé ». Le matin quand je prenais mon tram ma seule pensée, c’était la pompe : car elle pouvait déborder. Dès que je prenais mon café je pensais : « je vais voir mon bébé ».

– Hem… vous ne trouvez pas que ce travail est…ingrat, difficile ?

– Ah ce n’est pas un travail facile, mais il faut le faire. Les gens viennent ici pour se reposer, ils n’ont pas besoin de sentir des odeurs nauséabondes. Non, ce n’est pas un travail ingrat parce que j’aime TROP Monsieur Emmanuel. Il m’a pris sous son aile. Je n’ai en aucun cas l’intention de le décevoir, jamais-jamais-jamais. Je veux que chaque fois qu’il descende à la salle des machines à laver, qu’il retrouve mon bébé propre. C’est tout.

– Vous semblez avoir beaucoup d’affection pour votre directeur ?

– Monsieur Jourdes ? Oui, Manu, je l’ai surnommé « au-cœur-blanc-comme-du-coton-africain». Et, par derrière, « le bandit ». C’est mon grand frère. C’est grâce à lui que je vis. C’est lui qui me payait. Je ne peux donc pas le tutoyer.

Pourquoi « le bandit » ?

– Le « bandit » par ce que ce monsieur a un cœur gros comme ça mais par contre si vous avez fait une connerie, il ne vous fait pas des reproches discrètement, dans son bureau, il vous crache tout en public, devant tout le monde. Je lui ai dit « Monsieur le Directeur, avec le respect que je vous dois, à l’avenir quand vous devez me réprimander, vous devez le faire dans votre bureau ». Mais ça lui est égal. Je ne lui ai pas adressé la parole pendant une semaine. Et puis on s’est réconciliés. Il m’a donné son téléphone portable. Je peux l’appeler à n’importe quel moment. A chaque fois il dit : « Tu as très bien fait, Valentin ».

Et vous, vous avez un surnom ?

– Moi un surnom ? Non. Ils ne m’en ont pas donné. Par contre, moi je leur en ai donné un à tous. Je les aime tous. (Éclat de rire bruyant comme le tonnerre au fond d’une grotte)

– Vous semblez très heureux ici… Mais y-a-t-il des moments difficiles ?

– Oui des moments difficiles il y en a. En bas les gens qui veulent se doucher ne comprennent pas mon travail : je nettoie les douches, je lave les serviettes à 90 degrés, je les fais sécher, les plie et range. Je donne des serviettes, des gels douches, mais il y en a qui ne sont jamais contents, qui veulent des sorties de bain, des pâtes dentifrice. Alors c’est la guerre. Car on ne distribue que des gels douches, des serviettes et des lames de rasoir. « La plus belle femme du monde ne donne que ce qu’elle a » : je ne donne que ce me donne la Direction.

– Alors comment cela se passe quand il y a comme vous dites, « la guerre ? »

– Quelques fois tout le monde descend pour me protéger car les hommes sont agressifs : des roms, des jeunes arabes, des gens du voyage…Il ne faut rien leur refuser.

– Comment faites-vous pour leur faire accepter les règles ?

– «Qui accepte l’hygiène refuse la maladie », c’est un proverbe de chez vous. Quand elles ont fini de se doucher, je demande aux personnes de prendre la raclette pour nettoyer. Mais ils ne le font pas. Ils jettent les lames de rasoir par terre. Ils pensent que c’est mon travail de faire tout ça. Je ne sais pas si c’est parce que je suis noir ou quoi, mais ils pensent que c’est à moi de faire ça. C’est dur de se faire comprendre parce qu’ils ne parlent pas le français ni le lisent. Les gens du voyage, oui, se lavent et ici le matin c’est plein. Et il ne faut rien laisser ici là. Tu laisses ton slip et ils viennent voler. Il ne faut rien laisser trainer.

– C’est leur éducation, ça. (le tonnerre de rire éclate à nouveau)

– Vous appelez ça une éducation, vous ?!! Il ne faut rien laisser trainer. La personne qui fait un scandale, jusqu’à ce que j’en aie la gorge serrée, et bien, Emmanuel, il la vire. C’est le seul capable ici de dire, la seule personne habilitée à dire « tu ne mets plus les pieds ici » C’est lui qui règle les conflits : il est tout le temps en bas-en-haut en bas-en haut-en-bas-en-haut. Il est toujours adorable avec les clients sauf en cas de non-respect. Si un client jette la tasse, excédé d’avoir reçu son café trop tard, il intervient et nous protège, parce que croyez-moi, il y en a qui ont de sacrés caractères…

– Dites-moi, quand vous arrivez chez vous l’après-midi, après ces « tempêtes », vous devez apprécier alors le calme de votre maison ?

– Oh oui ! Quand j’arrive chez moi l’après-midi, je suis tranquille, je m’assois sur mon canapé, et je regarde la télé. C’est la paix. Mais vous savez, j’arrêterai de travailler ici quand je ne pourrai plus marcher. Ici les gens sont merveilleux. Venez, je vais vous montrer le réseau et vous les présenter. »

Une fosse d’aisance vue comme un bébé, un directeur trublion, je descends avec Valentin, curieuse comme Alice, des évènements à venir.

 

Cybercafé et salle d'exposition - crédit photo Olivier Mourgues
Cybercafé et salle d’exposition – crédit Olivier Mourgues

Un monde aux antipodes du nôtre ?

Nous descendons deux étages et je vois une jeune personne repasser son linge.

Des services pour tous - crédit photo Olivier Mourgues
Des services pour tous

Valentin m’ouvre la porte du hammam : je rentre seule car seulement des femmes s’y trouvent. Une délicieuse odeur de savon et de buée me donne soudain l’impression d’être en thalassothérapie et non pas dans les sous-sols d’un immeuble bordelais. Valentin ouvre une autre porte, celle d’un atelier avec une énorme perceuse à colonne. « Qui vient ici ? » « N’importe qui qui aurait besoin de faire un trou. ». Bien sûr.

Les machines couvées par  Valentin - crédit photo Olivier Mourgues
Les machines couvées par Valentin

Une autre donne sur un cabinet de massage oriental. J’imagine donc des musulmanes, qui pratiquent le hammam venir ici se faire ensuite masser : en sortant je vois sur une étagère un portrait de Jésus-Christ. Valentin me propose de revenir ensuite au rez-de-chaussée : « Vous restez manger ? ».

Un repas complet à 4 euros, tout frais, tout chaud, sorti des marmites de cuisiniers qui se fournissent au marché des Capucins. Quand n’importe quel sandwich en centre-ville coûte le même prix. Présentation du staff en cuisine et au bar (bénévole et salariés) qui s’active sérieusement, midi est là.

Je pense soudainement au devoir numéro 3 du journaliste. Après la recherche d’information, l’interview, je ne dois pas oublier les photos. Et la sacro-sainte autorisation de droit à l’image à faire signer par les personnes photographiées. Et là, je déclenche un gros succès. Un monsieur imposant m’aborde l’air troublé : « dites-donc, vous n’allez pas me prendre en photo sans me demander ce que j’en pense quand même ? Non, parce que l’autre jour je me suis vu dans un reportage à la télé, ça ne m’a pas plu DU TOUT. » Je fais le tour des personnes présentes. « En quel honneur ? »« Non, je ne veux pas être pris en photo. Je déteste », « Alalalala oh non non vraiment pas non», « Non, je devrais être à mon boulot, là, vous allez me mettre dans le pétrin » « Qui êtes-vous ? » « Oh ouiii !!! Je veux frimer devant ma petite amie ! » « Un blog ? Allez chiche ! ».

Vous restez manger?
Vous restez manger? – crédit photo Olivier Mourgues

Je regarde et converse avec les personnes. Et là, oui, la dimension de soutien du réseau transparait par certains visages marqués par la fatigue ou la dureté d’un parcours de vie. On m’invite à m’asseoir et je n’ai pas le temps de regarder ce qu’il y a de fumant dans l’assiette, qu’une personne s’assied à ma table. Laura Pradeau, assistante sociale, engage la conversation tout naturellement et me raconte sa théorie du « chaos positif ». Elle aime quand on lui dit que son travail est mauvais. « Le conflit est nécessaire. Empêcher le désordre de devenir liberté ? On n’avance pas. Le conflit, ce n’est pas la guerre, on peut avoir des opinions différentes et heureusement ! C’est bien de se faire bousculer. «Mal parler» pour moi veut dire «conchier». Je ne conchie personne. »

Laura s’occupe, en plus de son travail, d’animer les débats à la radio (FM 93.9, rayon d’émission 10 km).

Elle participe au cours de cuisine bulgare, fait du Street volley avec de jeunes congolais, des randonnées raquettes et construit des igloos (pour y dormir dedans avec les familles en séjour). Le versant fantastique du travail sérieux d’une travailleuse sociale.

Un jeune chevelu s’invite également à ma table. Est-ce pratique courante que de s’asseoir aux tables des autres pour discuter ? Il s’agit de Benoit Guillet, animateur socioculturel, qui me présente sa version de la brasserie : « C’est aussi un lieu, la brasserie du réseau, où les gens peuvent venir manger sans qu’un animateur socioculturel vienne les emmerder à essayer de leur vendre de la culture ». Quelques instants plus tard, je l’entends proposer un concert à 4 euros à un consommateur. Réponse de l’intéressé : « je ne peux pas, 4 euros, je ne les ai pas. ». Benoit part en courant : « Je m’en vais au Conseil Général : avec la philatélie, mes deux passions dans la vie. »

Tous ces flots de paroles me tournent la tête. Alice s’ennuie et s’endort dans le fauteuil du salon…bientôt elle traverse le miroir et découvre un monde inversé, peuplé de nouvelles créatures loufoques.

Je ferais bien une traversée du miroir à l’envers pour retrouver un fauteuil quand soudain apparait le Lapin Blanc, Florian Castaignet, le jeune jardinier du réseau qui lance à une personne : « J’arrive ! Je fais monter la journaliste sur le toit et lui montre le studio radio et les ruches ! ». Florian est bien sûr comme tous les autres, capable de faire toute autre chose que son métier. Depuis qu’il est au réseau, il s’est mis à la radio, « pour parler de jardin mais pas tout seul, le but c’est de partager le monde ». Il s’est « vite fait » entraîné au maniement de la table de mixage, a appris également l’apiculture: «c’est dingue les abeilles, quand tu n’es pas stressé, elles ne t’embêtent pas. Une fois, j’ai réalisé qu’elles se promenaient sur mon bras, j’ai alors pris peur et c’est à ce moment-là qu’elles m’ont piqué ! ».

Nous passons dans une cage d’escalier qui dessert les neuf logements sociaux pour familles monoparentales à 200 € charges comprises par mois, et débouchons sur le ciel, les toits de Bordeaux et les emplacements des ruches. Un bon bol d’air pris et c’est la descente vers la rue et une sortie du réseau enchanté. Sur le trottoir, il déborde pourtant : des jardins en bac pour des plantations maraichères y ont vu le jour.

Florian me dit au revoir, je m’éloigne, sonnée encore par ce vent de liberté et ce joyeux remue-ménage de compétences. J’ai perdu mon angle journalistique, le petit retraité bedonnant est un grand noir sec qui m’a présentée à un tas de gens. J’essaie d’assimiler tout ce que j’ai vu : un immeuble entier investi par des personnes polyvalentes, libres d’agir et d’apprendre. Chacun et chacune y vient avec sa demande, reçoit un service ou en rend.

Ce que je viens d’écrire:  est-ce un reportage une interview ou  une fiction ? …  Si tu pousses la porte du réseau, je te mets au défi de trancher.

 

 

Muriel Maurice

XZ6G9963
Un réseau sans frontières

Réseau Paul Bert
Centre Socio Culturel
2 Rue Paul Bert, 33000 Bordeaux
Téléphone : 05 56 79 20 44
RPB FM 93.9
https://fr-fr.facebook.com/reseau.bert

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