Histoire d’y voir : un retour à l’authentique

A l’heure du made in china, le fait main retrouve de la couleur. Les lunetiers traditionnels prennent ce contre-pied de production comme un renouveau de la profession. C’est le cas de Pierre Duhard qui a ouvert il y a 12 ans, une boutique de lunettes dans le Quartier Saint-Pierre. Associé depuis trois ans à Valérie Leperchois, Histoire d’y voir s’est fait un nom dans la région Bordelaise.

 

« Le fait main est une priorité »

Ici pas de Dior ou de Ray Ban mais des designers traditionnels français et new-yorkais. La seule enseigne connue est Paul Frank, dont la présence a pour but d’attirer une clientèle jeune, chez qui la marque est très prisée. Cette exception n’est pas illogique quand on regarde la moyenne d’âge des clients actuels.

Des statuettes comme présentoirs
Des statuettes comme présentoirs

Ce choix de production est une volonté marquée de cet opticien. Les créateurs fabriquent ou finissent à la main les montures qui proviennent principalement de France (Jura), d’Europe (Allemagne, Italie) ou encore des Etats-Unis. « Nous ne délocalisons pas notre production, car nous choisissons nos lunettes en fonction de l’intérêt que nous portons aux créateurs, qui ont une réelle histoire et qui fabriquent artisanalement leurs produits », explique Valérie Leperchois.

Les lunettes vendues ont un style vintage avec des montures d’époque datant des années 40 à 60, et sont des modèles uniques avec des formes décalées et originales. Elles sont sélectionnées en fonction des tendances actuelles et des demandes précises de la clientèle.
Pierre Duhard, grand amateur de vintage, tient à cette ligne directrice, notamment avec la remise à neuf des modèles d’époque. Tel un brocanteur, il « recycle » ces paires pour se démarquer de la concurrence et en faire sa marque de fabrique. Ces pièces uniques appartenant à autre génération, ne se retrouvent nulle part ailleurs, ce qui fait d’Histoire d’y voir un lieu spécial.

 

Un savoir-faire traditionnel

Si la plus part des lunettes actuelles sont en plastique ou en métal, chez Histoire d’y voir, les montures ont des matériaux peu fréquents comme la celliose (dérivé du coton) ou le bois. Cependant, le matériau que ce lunetier préfère utiliser est l’acétate de cellulose car il peut décliner ses couleurs et son épaisseur à l’infini tout en gardant sa solidité ; il laisse ainsi parler sa créativité. De plus, ce plastique végétal s’ajuste très facilement sur le visage, il trouve donc facilement preneur.
Le lunetier propose également des matériaux rares, considérés comme haut de gamme, telle que la corne et l’écaille de tortue.

 

De ce fait, beaucoup de gestes techniques sont emprunts à d’autres métiers. On retrouve, par exemple, des mouvements issus de la menuiserie ou de l’ébénisterie ; plus généralement, tous les métiers manuels font parti du quotidien de la boutique. Ils travaillent notamment à la scie et à la lime pour la fabrication des lunettes en acétate.

 

Un outillage spécifique

Après avoir fabriqué la monture, s’en suit un bal de machines variées pour finaliser la lunette. On retrouve ainsi la mallette de prise du vue, contenant une lunette d’essai dans laquelle s’insère des verres de puissance, variant au fur et à mesure de l’examen. Le frontofocomètre, lui, mesure leur puissance et permet de trouver leur centre optique.
Pour tailler les verres dans la monture, les lunetiers d’Histoire d’y voir utilisent une machine qui, d’un côté, permet de palper la forme de la monture et de ventouser les verres avec le bon centrage. De l’autre côté, la meuleuse diamantée taille le verre à la bonne dimension.

Lors du montage, les opticiens utilisent une polisseuse et une chaufferette afin d’adapter la monture aux verres. Une fois terminées, les lunettes sont nettoyées en étant plongées dans un bac à ultrasons. Cette technique permet de ne pas les abîmer avant de les remettre au client.

 

Chez Histoire d’y voir on a également la possibilité de créer ses propres lunettes, de remettre à neuf nos modèles personnels ou encore de faire graver nos paires. Peut-être qu’un jour, une de nos montures seront exposés dans ce semblant de musée vintage.

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HISTOIRE D’Y VOIR – 6 Rue du Pas Saint-Georges, Quartier Saint-Pierre – 33 000 Bordeaux
www.histoire-dy-voir.com
05.56.44.59.71

 

 Marion Ledoux

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