La spécialité bordelaise qui donne l’eau à la bouche

Petite cerise de taille moyenne, semi confite dans un alcool à base de kirsch et enrobée de chocolat noir. Spécialité bordelaise, entièrement faîte maison, on vient de loin pour me goûter. Je suis, je suis … ? La Véritable Guinette bordelaise !

Je t’explique un peu : moi c’est la guine ou le guin, c’est comme tu veux. J’ai poussé dans le Lot et Garonne, au bout d’une branche de cerisier. Ma variété est assez ancienne. Les beaux jours arrivant, je me suis nourrie du soleil et du bon air campagnard pour grandir et m’épanouir. Un matin de juillet, à peine réveillée, on est venu pour me détacher de mon arbre. C’est monsieur Yves Landry qui est venu me chercher en personne ! Yves c’est un chocolatier. Ca fait 52 ans qu’il exerce ce métier. La dernière fois, j’me souviens l’avoir entendu dire :

« J’ai pris ma retraite puis j’ai repris la chocolaterie de Villenave ».

Je n’pensais pas qu’à la retraite on travaillait encore tous les jours moi ! Mais bon, pour lui, ça paraissait évident. Faut dire qu’il est sacrément passionné. Tu sais qu’il vient jusqu’au pied de mon arbre pour s’assurer de ma qualité ! 

Yves, c’est moi qu’il vient chercher car, à ce qu’on dit, j’ai un goût légèrement acide et je suis de taille moyenne. Tous les ans, des cerises comme moi il en prend 600 kilos entre mi-juin et juillet. A mon arrivée au labo, à Villenave-d’Ornon, il me trie et me stocke, moi et les autres. Je n’te dis pas le boulot ! Quand il a besoin, il me sort de son stock pour me faire baigner dans du kirsch.

 

Cerise
Mes semblables et moi-même en pleine séance de macération

Une fois bien imbibée, bien soûle, il me sort et me recouvre de fondant. Si tu connais pas le fondant, je t’explique : c’est un mélange de sucre et d’eau que tu portes à ébullition et que tu fais ensuite refroidir. Un truc de chocolatier-pâtissier quoi ! Bref, une fois recouverte de ce fondant j’attends patiemment qu’il refroidisse. Attention ! Monsieur Landry il me laisse tel qu’elle, je garde la queue et le noyau, sinon, c’est de la triche.

Quand le fondant est à bonne température, je suis recouverte d’une deuxième couche, mais cette fois-ci, de chocolat ! C’est un chocolat noir onctueux et préparé avec soin qui vient sublimer mes rondeurs. Après ça, il me pose délicatement sur des paillettes de chocolat, « pour faire joli », comme il dit. Ensuite, parce que non c’est pas fini, il me stocke dans son labo pendant deux ou trois semaines. Comme ça, pendant ce temps l’alcool fait fondre ma couche de fondant. Et oui, t’as vu, c’est tout un art. Et voilà, j’suis prête ! De « la guine » je suis passée à « Véritable Guinette bordelaise », c’est pas la classe ça ?

Guinette2
Petit repos, une fois ma fabrication achevée

Maintenant, Yves m’expose dans sa boutique et je fais la belle en vitrine pour que tu m’achètes. C’est quand même un sacré boulot. Mais franchement, entre toi et moi, ça vaut le coup. Si Monsieur Landry en prend 600 kilos par an des comme moi c’est pas pour rien, c’est qu’il les vend toutes ! Faut dire que grâce à moi il a un succès fou. Les gens viennent de loin pour moi !

Mais j’dois quand même dire, qu’à la base, c’est pas lui mon créateur. C’est un chef pâtissier bordelais qui a eu par hasard l’idée de me tremper dans l’alcool puis dans le chocolat. Il m’avait appelé « la favorite ». Moi j’aimais bien mais ça a moins plu à son fournisseur qui vendait un chocolat du même nom. Du coup, il m’a rebaptisé « la Guinette » parce que ma variété c’est la guigne, original hein ? Mais en tout cas ça a marché, tellement marché qu’il a déposé un brevet. 

Landry
Yves Landry, 52 ans de métier et toujours aussi passionné

Mais ce p’tit futé, au bout de 10 ans, il l’a pas renouvelé le brevet ! Du coup le nom de « Guinette bordelaise » est tombé dans le domaine public. Et là je t’explique pas, j’ai vu venir des dizaines et des dizaines d’usurpatrices… plein de comme moi ! Mais en moins bien, évidemment ; des sans noyaux, avec des queues en plastiques et j’en passe … Mais à ce même moment (donc il y a environ 10 ans déjà) Monsieur Landry, mon sauveur, décide de faire des vraies Guinettes bordelaises, comme je t’ai expliqué.

En voyant tout ces charlatans il a déposé un nouveau brevet pour utiliser le nom de « Véritable Guinette bordelaise ». Du coup, y’a que lui qui peut l’utiliser. Mais même sans ce brevet je suis unique, tu n’en trouvera pas deux des comme moi.

Bon, voilà, tu connais l’histoire. Et de toute façon, si tu n’as pas tout suivi, ce n’est pas grave. Le mieux c’est que t’ailles faire un tour à la chocolaterie Landry pour te laisser séduire. Attention, coup de foudre assuré !

 

 

Lâna Pulvinet

 

A propos de la chocolaterie Landry

http://www.artisan-chocolatier-33.com

565 Route de Toulouse

33140  Villenave-d’Ornon

05 56 87 92 07
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