Motion Twin, l’art de créer en toute liberté

C’est au dernier étage de l’ancienne Bourse Maritime sur les quais que Motion Twin, studio indépendant, imagine des jeux vidéos. Son concept ? Être une coopérative où la démocratie, le partage et la créativité cohabitent.

Créé en 2001, ce studio indépendant compte 7,5 personnalités (0,5 pour le stagiaire futur associé !). Il faut savoir qu’à Motion Twin, tout le monde est associé. Les revenus générés par les jeux sont partagés équitablement entre toutes les personnes qui y travaillent. Ce fonctionnement est spécifique à la boîte, le statut de coopérative (SCOP : Société coopérative et participative) permet de faire cela.

“Nous avons toutes les mêmes parts, les mêmes salaires et le même temps de travail. Nous sommes tous le même boss.”

À ses débuts Motion Twin est une SARL (Société à responsabilité limitée). Quelques années plus tard, les salariés décident de partager avec équité les revenus générés par les jeux qu’ils fabriquent. « L’idée est de fédérer les hommes et femmes qui y travaillent, d’être intéressé par les revenus de son activité professionnelle. Ton implication est le reflet de tes revenus à la fin du mois. Si l’on s’engage dans un projet et que tu travailles à moitié, ton salaire va en pâtir. Par contre, si tu es investi, tu te dis que grâce à tes efforts, tu participes à la réussite de l’entreprise », raconte Thomas.

”On a notre destin d’associé entre nos mains, on se donne les moyens d’être investi dans ce que nous faisons.”

Comment réalise t-on un jeu video ? En 8 étapes.

Les petits studios sont tous différents. Dans une structure collaborative telle que celle-ci, les équipes sont constituées de quatre individus au maximum pour la réalisation d’un jeu. Un graphiste, deux développeurs et une personne qui va « graviter autour du projet ». Le temps de création d’un jeu peut aller de quatre mois à un an, ou plus chez Motion Twin. Ici, les salariés sont polyvalents. Par exemple, une personne qui hier était graphiste développe des jeux aujourd’hui. Un développeur peut être amené à faire du graphisme, du web, de la communication, à créer un trailer pour promouvoir le jeu, etc.

Chaque personne est formée un minimum pour proposer des prototypes de jeux, sans la nécessité d’avoir des connaissances approfondies en développement web. Communiquer ensemble, comprendre les métiers et activités nécessaires pour la conception d’un jeu sont les éléments clés de la réussite d’une production.

Afin d’optimiser son travail, le studio a créé son propre langage de programmation : Axe. Pourquoi créer son propre langage ? Même principe que leur statut juridique atypique. Leurs jeux sont développés sur toutes les plate-formes. Que ce soit en ligne, sur mobile et tablette, sur PC, l’avantage d’Axe est d’utiliser un seul langage de programmation pour toutes celles-ci. Tous les développeurs de l’équipe peuvent travailler sur ce même langage. Des entreprises comme Zynga (jeux Facebook) utilisent Axe sur différents projets. Il est un langage libre qui offre la possibilité de travailler sur différents supports.

Axe permet d’être traduit soit en Actionscript (langage flash) pour que le jeu tourne en flash, soit en C++ pour les mobiles. Aujourd’hui nous sommes capables de produire un jeu et de le sortir en même temps sur pc, navigateur internet, sur téléphone et tablette.”

Motion Twin développe tous ses jeux en interne, excepté pour la musique. Ils font appel à un musicien (sound designer) à la fin du projet pour la réalisation des bruitages et de la musique ambiante du jeu.

Citons quelques jeux free-to-play (gratuits) les plus connus. À leur actif, « La Brute », jeu de combat. « Hordes », un jeu de survie qui se situe dans un village où l’on doit le protéger contre des attaques de zombies. Ce jeu communautaire avec des parties à quarante joueurs est l’une des grandes licences de MT.

« Kado Kado », un portail web qui regroupe des centaines de petits jeux. Sous forme de compétition, les joueurs s’affrontent et les gagnants remportent des chèques cadeaux.

« Notre premier joueur a gagné des jambons ! Aujourd’hui, ce sont des chèques Amazon, c’est moins funky. »

Le but de « Dino-RPG » est d’élever des dinosaures afin de les faire combattre contre des monstres ou dinosaures, « un Pokemon version dinosaures » résume Thomas.

Leur dernière création est « Monster hôtel ». Ce jeu de simulation propose aux joueurs de gérer un hôtel qui héberge uniquement des monstres dans une ambiance « Tim Burtonnesque ».

Aujourd’hui, ils se lancent sur des projets « buy to play » (payants) où le joueur peut acheter le jeu (et du contenu additionnel), comme sur console ou PC.

Thomas n’est pas prédestiné à travailler dans l’univers du jeu vidéo. Lorsqu’il se lance dans les études artistiques, il souhaite inventer des bandes dessinées. Il fait un stage en entreprise qui s’est trouvé être une boîte de jeux vidéos. Ce qui l’a beaucoup intéressé dans ce domaine, c’est de travailler sur différentes missions. Il fait de la 3D, du dessin, de l’animation. Il a un travail plus varié que dans l’univers de la bande dessinée où en fin de compte « tu fais tes illustrations et une fois que tu les as créés, c’est terminé, ton image est figée. Dans un jeu vidéo, la réalisation du jeu faite, ce que tu crées continue à vivre entre les mains des joueurs. C’est gratifiant de voir que ce n’est pas fini une fois levé le stylet de la tablette graphique. Ce que l’on imagine continue de vivre à travers les joueurs. » explique-t-il. De fil en aiguille avec les expériences dans cet univers, il arrive chez Motion Twin en 2013, son statut juridique et démocratique l’interpelle.

L’unique chose que je n’ai pas faite, c’est d’exercer dans de grosses boîtes qui fabriquent des triples A. Ça ne m’attire pas d’avoir un travail trop ciblé dans une entreprise de taille gigantesque comme Ubisoft.

Aujourd’hui, sa journée de travail consiste à réaliser des animations, dessiner, illustrater, réaliser du web design, de la vidéo, c’est très varié. La polyvalence est spécifique aux petites structures et spécifique à MT.

“Je suis graphiste, animateur, designer, concept artiste. Tout ce qui gravite autour de mon métier.”

Ce qu’il préfère c’est l’animation, elle permet à ses dessins de prendre vie. Mais il ne se voit pas faire uniquement cela. Pour lui, il serait désagréable de réaliser les animations de dessins modèles 3D qu’il n’a pas inventées. C’est l’aspect créatif du travail qui le passionne. Avant le lancement d’un projet, MT assure la veille. Ils s’inspirent de ce qu’ils voient, de ce que les gens ont déjà réalisé dans le domaine. Par exemple pour une animation de zombies, il va observer ce qui s’est fait au sein des jeux, des films, des bandes dessinées. Il s’abreuve de toute la culture autour du thème.

Les mots sont posés, les animations imaginées, les jeux créés. On espère que les newbies iront tester leurs jeux !


Où retrouver Motion Twin ?

=> Leur page Facebook et Twitter pour suivre les dernières actus.

Personnes citées
Thomas Vasseur a.k.a Carduus, infographiste / Mathieu Capdegelle a.k.a Looping, développeur / Yoann Laulan a.k.a Valmont de Ragondas, sound designer régulier

Lexique du jeu video qui peut t’aider pour le vocabulaire spécialisé cité plus haut.

Photos et infographies : Aurore Athomas

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