Grains de cafés torréfiés

Le café veille au grain

 

Être un grain de café, c’est tout un mode de vie. Nous en savons quelque chose, nous testons l’expérience depuis que nous avons poussé sur notre caféier. Il faut d’abord que nous mûrissions lentement dans notre petite cerise protectrice pendant une période oscillant entre 6 à 9 mois. Ensuite, nous sommes extraits de notre cerise, puis nous passons rapidement par un séchoir et enfin, direction le bout du monde !

 

C’est en passant tous les matins devant une torréfaction de café que nous avons fait naître chez notre barista, Jonathan, une véritable obsession. Comment résister à notre brûlante et envoûtante odeur de café tout juste torréfiée ? Nous sommes devenus pour lui une passion de toute une vie.

 

C’est notre odeur prenante, entêtante, enivrante qui l’a poussé à apprendre toutes les facettes de la torréfaction de nos jolis grains. Pas question pour lui de passer à côté du secret de notre transformation plus longtemps. Qui dit passion dévorante, dit rêve grandissant : pouvoir nous torréfier lui-même. C’est avec nos différentes variétés d’arabica sous le bras que Jonathan ouvre The Roasted Café où nous sommes choyés depuis bientôt un an et demi.

Sacs de cafés
Sacs de cafés

Nous mûrissons gentiment à notre rythme au Brésil, Guatemala, Inde, Ethiopie et Pérou au cœur de micros plantations de caféiers. Notre croissance et récolte doit se faire dans le respect des plantes, mais surtout des conditions de travail des hommes, Jonathan y tient beaucoup. Notre récolte est déjà suffisamment dure, pas question que nous venions de plantation qui ne suivent pas une démarche éthique et équitable.

 

Question titillage des papilles, nous sommes présélectionnés par le fournisseur. Ensuite, vient le temps de la dégustation. Nous sommes choisis en fonction de nos arômes, de la subtilité que nous dégageons, mais surtout, il faut que nos bouquets puissent bien se marier avec ceux des variétés déjà présentes au Roasted Café.

 

Chez nous, pas question d’être stressé. Un café, ça se déguste dans le calme et la sérénité, mais surtout avec beaucoup d’humour. Jonathan a un humour potache, un peu lourd, limite misogyne. Nos consommateurs s’en moquent et plaisantent aussi. Qui aime bien châtie bien à ce qu’il parait. Surtout autour d’un bon café.

Cafés et chocolats proposés sur place
Aperçu des boissons proposées

Ici, pas question de se presser pour déguster notre subtil arôme. Les clients arrivent et s’installent tranquillement. Les clients et le patron se connaissent très bien. Un coup d’œil par la fenêtre et Jonathan reconnaît un de ses habitués. Il sait qui parmi nous sommes ses chouchous. Pour le monsieur, ça sera un café long avec un nuage de lait et un paquet de 500 grammes de café d’Inde. De nature doux et légers, agréables, fins et peu acides, on est un peu jaloux que les grains indiens soient les favoris. Mais comme le dit le dicton, il faut se méfier de l’eau qui dort. Notre cousin indien à l’air tout inoffensif, et pourtant, parmi nous, c’est celui qui est le plus chargé en caféine. Quel petit cachotier.

 

La réserve de café torréfié du jour commence à baisser. Il est temps de refaire une fournée. Le torréfacteur est lancé. Il préchauffe pendant une vingtaine de minutes. Là-dedans, nous sommes comme au sauna. L’atmosphère est très chaude, mais pas trop ! Il faut la bonne température pour que notre jolie peau ne dore pas trop vite. Une fois les 220 degrés atteints, nous sommes placés dans le réservoir et là commence notre lente torréfaction. L’air dans le café devient saturé de notre bouquet. Et de fumée aussi ! La fumée claire enfume la pièce, les clients toussotent légèrement. C’est que ça se mérite de pouvoir nous boire.

Grains de cafés non torréfiés
Grains de cafés non torréfiés

Après nous avoir courus après toute la journée, Jonathan ne tient pas trop en place, il bouge tout le temps. Il a beau affirmer que ses 20 tasses d’expresso quotidiennes ne lui soient pas néfastes, on n’est pas sûrs que ça soit très recommandé pour ses nerfs, mêmes si nous sommes ravis de lui plaire autant. Faut croire que notre influence est trop forte. Maintenant, lui aussi a un grain.

Amandine Lacoste

Crédit photo : Amandine Lacoste

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