Si la passion du vin avait un nom, il serait Grégory Pecastaing

Grégory Pecastaing fait partie des rares personnes qui ont réussi à faire de leur passion un métier. De la négociation en vin, il est arrivé à fonder le seul et unique musée du vin et du négoce de Bordeaux.

Aujourd’hui en 2017, cet homme est le président du musée du vin et du négoce. Si à la base, il ne se destinait pas à cette activité, c’est son histoire à lui qui l’a emmené dans cette aventure. Si l’appel de la vie parisienne a été plus fort à ses débuts, aujourd’hui il le dit et l’assume :

« J’aurais mieux fait de rester auprès de mon grand-père et de son domaine. Le monde du vin c’est ma vie, ma région.« 

Parcours professionnel de Grégory Pecastaing

Mais la question que tout le monde se pose est : mais pourquoi est-ce qu’il ne produit et ne vend pas son propre vin ? Et à cela il répond :

« Pour l’instant, j’aime trop cette activité. J’aurais bien aimé avoir une propriété et faire mon propre vin, mais je pense que je le ferais à la retraite. Je serais content d’avoir mon truc et faire mon vin avec mes potes, mais on verra plus tard. »

Le hasard fait bien les choses

Si son parcours atypique ne le destinait pas à devenir président d’un musée, cette idée lui est venue totalement par hasard. Installé comme négociant en vin dans le quartier des Chartrons, c’est ce lieu, avec son ancienne tonnellerie et ses caves remplies d’histoire qui l’a rattrapé.

L'ancienne tonnellerie qui est aujourd'hui l'accueil du musée, et où il est possible de faire une dégustation de vin
L’ancienne tonnellerie qui est aujourd’hui l’accueil du musée, et où il est possible de faire une dégustation de vin
Au fond d'une des cave du musée, on peut découvrir des dizaines de vielles bouteilles de vin exposées
Au fond d’une des cave du musée, on peut découvrir des dizaines de vielles bouteilles de vin exposées

Il faut savoir que la bâtisse dans laquelle il s’est installé avait été construite pour un riche courtier irlandais, afin d’en faire une maison calvet (maison de négoce).

Plan de l'immeuble lorsqu'il a été construit pour le courtier irlandais, aujourd'hui une partie est le musée du vin et du négoce
Plan de l’immeuble lorsqu’il a été construit pour le courtier irlandais, aujourd’hui une partie est le musée du vin et du négoce

Sauf qu’un jour de 2007, Bordeaux accueille la coupe du monde de rugby. Et comme par hasard, la ville reçoit la nation irlandaise. Ce jour là, M. Pecastaing réceptionne un colis mystérieux, qui ne lui était pas adressé. À ce moment là il hésite : va-t-il l’ouvrir? Va-t-il ne pas y toucher? La curiosité ayant prit le dessus, l’homme ouvre le paquet. Et là, quelque chose d’improbable s’y trouve. Il contenait un plan en plusieurs dizaines d’exemplaires, avec un parcours dessiné dessus. Mais qu’est-ce que ça pouvait bien être, se disait-il. Sauf qu’en s’y attardant, il comprit que cet itinéraire passait par le 41 rue Borie, l’ancienne maison du riche courtier irlandais, les nouveaux locaux de son entreprise. C’était en fait l’itinéraire touristique que la nation irlandaise s’apprêtait à faire lors de sa venue pour la coupe du monde de rugby. Sauf que la maison calvet a fermé en 1989 et n’est donc plus vraiment d’actualité… L’homme a alors appelé le comité départemental du tourisme pour avoir une explication:

« Je leur explique la situation et leur dit qu’ils auraient quand même pu mettre leurs fichiers à jour ! À ce moment là je me disais qu’est-ce que je vais bien pouvoir dire à tous ces irlandais qui vont se pointer avec leur plan, puisse qu’il n’y a rien à visiter…« 

Mais le « mal » est fait, et tout au long de la coupe du monde, 4000 personnes se sont présentées. M. Pecastaing avait alors mis en place un petit itinéraire dans ses locaux, que les irlandais pouvaient suivre, histoire qu’ils ne soient pas venus pour rien. C’est de là qu’est née l’idée de créer un musée. Pourquoi pas, vu qu’il n’y avait aucune structure qui retraçait l’histoire des vins de Bordeaux et de ses négociants. L’idée était de se rapprocher de gens compétents dans le domaine, et de recréer l’histoire de ce lieu, du quartier, des négociants et de la ville.

« L’histoire des vins de Bordeaux ne s’est pas faite par des français comme on pourrait le croire. Mais plutôt pas des étrangers qui siégeaient ici. Moi qui n’était pas du tout dans l’histoire, j’ai trouvé ça complètement passionnant. »

Ainsi le challenge d’ouvrir le musée du vin et du négoce fut bouclé en six mois, avec l’aide de familles pour financer ce projet car il fallut recréer une muséographie.

Couloir d'une des caves avec la muséographie, c'est un parcours qu'il faut suivre à l'aide d'un plan
Couloir d’une des caves avec la muséographie, c’est un parcours qu’il faut suivre à l’aide d’un plan

Pari réussi, le musée ouvre en avril 2008, au moment de la nouvelle saison de l’office du tourisme, qui garantissait d’amener des groupes tous les mercredi et samedi. Un an après, M. Juppé est venu inaugurer le musée.

Exister face à la cité du vin

La cité du vin a vu le jour en juin 2016. Mais lorsqu’on demande au président du musée si la cité du vin représente une menace pour la petite structure du musée, sa réponse ne se fait pas attendre :

« On ne peut pas parler de concurrence. »

Et en effet, les deux organisations ne proposent pas du tout la même chose, c’est une toute autre dimension. Le musée du vin et négoce se veut à taille humaine, toujours dans une démarche de proximité en racontant l’histoire de chaque bouteille. C’est d’ailleurs sa force, et ce que le président souhaite faire perdurer. La cité du vin c’est une usine. Une grande structure qui fonctionne comme une grosse entreprise. Toutefois, sans critiquer la cité du vin, Grégory Pecastaing s’exprime :

« Si on ne s’y connait pas trop en vin, je suis pas sur que l’on puisse vraiment comprendre ce qu’on nous y raconte. »

Maintenant, le musée doit surtout faire face à la période hivernale. C’est à ce moment que l’organisation peut ressentir  « la concurrence ». La cité du vin est ce que les touristes s’empressent de visiter lorsqu’ils arrivent à Bordeaux. La structure communique beaucoup. Cependant, on ne peut pas vraiment dire que l’hiver atteint le musée, puisse qu’elle ne met pas en péril son activité. Il s’agira simplement pour les années à venir, d’anticiper cette petite baisse de fréquentation, alors qu’en période estivale, on ne fait même pas la différence.

 

 

Estelle Le Rouge de Guerdavid

Musée du vin et du négoce  – 41 rue Borie 33000 Bordeaux

Crédit photo : Estelle LRDG, musée du vin et du négoce

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