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Azimut Brasserie : une exploration houblonnée

 

 

 

 

Petit pellet, j’ai grandi au sein de la Vallée de Yakima, dans l’état de Washington. Avec mes camarades de houblons concassés et agglomérés, nous représentons près de 78% de la production de houblon des États-Unis !

 

Il y a sept semaines nous étions enfin prêts et nous avons pris l’avion, direction l’Europe. Azimut Brasserie nous avait réclamé, nous allions accomplir notre destinée !

 

© Anchor Point

 

Nous sommes réceptionnés le 28 novembre dans les locaux d’Azimut Brasserie par Vincent, québécois exilé et brasseur passionné. Apparemment nous arrivons à pic, aujourd’hui ils sont en plein brassin. L’orge malté est déjà dans les cuves, notre tour ne devrait pas tarder. En attendant, Paul, ancien graphiste et amoureux de la bière, nous place au congélateur pour nous préserver.

Du love dans la bière

On claque la porte derrière nous : il fait sombre et extrêmement froid. Je découvre rapidement que d’autres pellets sont là, à attendre.

Beaucoup sont originaires de Yakima et affirment que nous sommes tombés au bon endroit. De ce qu’ils ont pu voir Vincent et Paul sont de véritables brasseurs-explorateurs ! Ils aiment expérimenter et nous sommes ici pour les aider. Malgré le froid qui nous rend léthargiques, je perçois une excitation générale. Je me dis que nous avons de la chance d’être chez des passionnés et j’ai hâte de savoir à quelle flaveur nous allons être brassés.

Un lieu en ébullition

Justement Paul vient nous chercher, c’est parti pour la pesée. Je quitte les autres pellets qui ont l’air déçus que ce ne soit pas leur tour. La plupart d’entre nous, les plus amers, partent pour l’ébullition. Pour les autres il faudra attendre la fin de la fermentation.

Avec ceux qui restent on se réchauffe doucement et on en profite pour découvrir la brasserie. Quel lieu impressionnant ! À côté de toutes ces grandes cuves on se sent vraiment minuscules et je commence à appréhender de passer à la casserole.

Tests, brassins, embouteillages, ça n’arrête pas. Quand on les voit travailler, on a peine à croire que ça ne fait qu’un an qu’ils sont installés. Avec leur colocataire PIP, ils font partis des brasseries artisanales phares de la région bordelaise. Ils partagent les lieux, l’expérience mais pas leurs secrets de fabrication ou leurs recettes. Chacun son houblon, nous prenons la direction du fermenteur d’Azimut.

 

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Morning brew #creamy #early #hangover #brewing #craft

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À l’ouverture du fermenteur toute mon appréhension s’envole et j’y plonge avec enthousiasme. Ils veulent que l’on apporte tous nos arômes à leur bière, ils vont être servis. Dans la cuve nous rencontrons la levure qui est rassasiée par tout le sucre consommé. L’alcool étant créé elle peut se reposer. Maintenant c’est à nous de jouer : on libère nos huiles chargées de saveurs tropicales et d’agrumes, pour une American IPA de qualité.

Du fermenteur au consommateur

Après deux semaines à fermenter Vincent nous tire de notre hibernation. Le breuvage, préparé avec la précision d’un chimiste, coule doucement dans le verre de dégustation. J’ai une pensée pour mes camarades pellets qui sont les premiers à présenter le fruit de notre travail. Un sourire satisfait se dessine sur le visage du brasseur, nous sommes enfin prêts pour aller en bouteilles.

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Embouteillage, enfûtage, préparation des palettes et des cartons… Prochaine étape : la distribution | Crédits photos : Azimut Brasserie

Nous sommes chargés dans la voiture de Paul pour ses livraisons hebdomadaires. Dans le carton où je suis ça remue pas mal et j’ai hâte que l’on arrive. Passionnés ou néophytes, nous comptons bien ravir tous les palais.

Entre deux secousses j’entends que nous sommes au Zytho, un bar bordelais spécialisé dans les bières artisanales. Malgré l’enthousiasme général je suis un peu déçu car je vois bien qu’il n’y en a que pour les fûts. Nous, dans notre bouteille, sommes destinés à une étagère dans l’entrée.

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Love this bar😍

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Dans l’intimité de la dégustation

L’ambiance feutrée du bar nous berce et nous sommes dans un état second lorsqu’un client nous attrape. Apparemment il a goûté mes camarades en fût et veut nous découvrir en bouteille.

C’est un jeune homme d’une trentaine d’années qui a l’air de savoir ce qu’il fait. Il nous verse doucement mais pas trop, avec un peu de mousse, juste ce qu’il nous faut. Nous rejoignons avec amour un verre estampillé “Zytho”.

C’est le moment tant attendu. Je repense à tout le chemin parcouru, de la vallée au Zytho, avec un détour par le grand froid et ma rencontre avec la levure… J’en serais presque ému.

Nous colons doucement contre la paroi glacée, direction le palais. Dans un dernier effort j’explose en bouche, me mets à nu et lui offre mes secrets. Je veux qu’il me comprenne, qu’il saisisse toutes mes subtilités. Une fois englouti, je l’entends au loin approuver. Mission accomplie.

Crédits : GIPHY
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